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Amour perdu
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Amour perdu

William Cliff

12,32 €
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Quoi de plus doux pour apprendre quelqu’un / que de connaître son organe intime. Et le poète William Cliff de prendre le large, en skipper subtil, sur la grande mer des corps virils, d’aller, promeneur solitaire, narine aux vents et mains de sourcier, taillant la route des roideurs et des spasmes, cap sur les visages donnés et les élans offerts au détour de soudaines rencontres.

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Quoi de plus doux pour apprendre quelqu’un / que de connaître son organe intime. Et le poète William Cliff de prendre le large, en skipper subtil, sur la grande mer des corps virils, d’aller, promeneur solitaire, narine aux vents et mains de sourcier, taillant la route des roideurs et des spasmes, cap sur les visages donnés et les élans offerts au détour de soudaines rencontres. S’engouffrant à perte de corps dans l’obscurité de certaines salles au fumet fétide, aux fauteuils défoncés, mais au voisinage délicieux, accostant aux bars de la nuit pour quelques contacts fugaces, à Philadelphie ou Viña del Mar, New York ou Bruxelles, William Cliff, beau héros abreuvé d’abjection au fil de poèmes néoélisabéthains, ciselés et d’une délicatesse glorieuse, narre le membre frémissant de l’hôte d’un soir, les cuisses du louveteau, l’orteil de l’amant, les douces muqueuses : car dans la vie on aime que nous happent / certaines choses un peu dégoûtantes / qui nous font sortir de l’ennui ordinaire. Une quête des corps amoureux qui délivre de ce cafard qui encrasse les jours et dont le soleil, dieu de flamme qui sourit aux heureux et frappe ceux qu’il damne, ne nous délivre pas. Plus de vingt-cinq ans après son tombeau de Conrad Detrez, William Cliff fait retour au Dilettante pour un nouveau cahier de poèmes qui tente de prendre aux rets du mètre classique les fuyantes extases de l’amour masculin et de garder encore l’enfance d’un corps promis à la mort : Salut à toi, beauté, que la rue m’a fait voir ! Le dilettante. 128p

Critique : Pour William Cliff, et ce depuis ses débuts en littérature encouragés par Queneau, la poésie doit dire l’intime. Quitte à heurter quelques tartuffes. L’âge venant - Cliff est né à Gembloux, Belgique, en 1940, et nombre de ses textes font référence à son pays -, il est tentant d’égrener les souvenirs, surtout s’ils sont plutôt agréables. Dans ce recueil, le poète a choisi de célébrer les corps des garçons qu’il a croisés, rencontrés, aimés ou non, au fil de ses voyages. Certains poèmes sont des "tricks", comme disait Jean-Luc Hennig, des "coups", racontés de façon parfois explicite, dans des ambiances glauques, où la pénombre permettait toutes les audaces. Et où sévissait encore en ce temps-là la ségrégation entre les Blancs et les Noirs - sauf sexuelle. Tantôt ils sont magnifiés de façon lyrique, précieuse, qui n’est pas sans rappeler le maniérisme élisabéthain. Cliff joue de tous les registres, de toutes les réminiscences, Shakespeare, Baudelaire, Breughel, torturant le vers à qui il impose de rimer à tout prix, même d’acrobaties, d’inversions et d’enjambements, voire de vers de mirliton. L’hendécasyllabe ne se dompte pas aisément. Par-delà les voyages, les évocations de corps, les émotions d’alors, la tonalité générale est ici à la mélancolie, au regret des occasions manquées. Tempus fugit, comme chacun sait, et surtout les poètes. Amour perdu s’achève, et ce n’est pas hasard mais effet de composition, sur "Solitude", ballade aux accents tout verlainiens : "Alors, tant pis, mon âme, prends la route/de ce désert béant que tu redoutes,/bois ce calice avec tranquillité…"  Jean-Claude Perrier

William Cliff
9782842638399

Fiche technique

Genre
Poésie
Editeur
Le Dilettante

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